On peut distinguer 4 niveaux de prise de conscience : 

  • Pas de conscience : c’est le cas de l’intelligence en essaim des insectes sociaux par exemple (la stigmergie)
  • Le coordinateur est conscient des mécanismes de coopération et agit en conséquence
  • Des membres sont conscients et agissent en conséquence (sans pour autant expliciter cela publiquement, on parle de « non-dit »)
  • Le groupe est conscient collectivement (grâce à une concertation et aux informations dites publiquement)

Les différents niveaux coexistent et à un niveau de conscience donné, la conscience est toujours limitée à un certain nombre d’aspects. Mais il est plus facile de connaitre ce dont on est conscient que ce dont on n’est pas conscient (aveuglement paradigmatique).
Il est également possible que l’ensemble des membres soit conscientsd’un point particulier mais que celui-ci reste non-dit et donc que le groupe n’en soit pas conscient collectivement et ne puisse pas en débattre.

Bien qu’il soit possible de créer des effets collectifs complexes sans nécessiter de conscience (comme les cathédrales des termites qui se créent à partir de règles simples appliquées de façon inconscientes et sans architecte), la prise de conscience individuelle et collective donnent la possibilité de trouver des solutions nouvelles pour favoriser l’intelligence collective (par exemple pour identifier un intérêt commun et converger vers lui).

Quelques idées pour favoriser la prise de conscience

Du coordinateur mais aussi des membres

  • Par l’apprentissage des règles de coopération dans un groupe
  • Par l’apprentissage des règles de coopération dans une interelation (stratégies CRP en théorie du jeu, stratégies Win-Win…)
  • Par une vision globale des règles afin que la vision d’un aspect ne masque pas les autres
  • Par le développement d’un « savoir être » en plus d’un savoir faire (intelligence de l’autre)

Du groupe

  • Par la diffusion des élements communs (objectifs, culture…)
  • Par le développement des échanges collectifs et de la concertation
  • En Montrant le groupe au groupe (de l’intérieur ou via les retours de l’extérieur)

Gérer la baisse de conscience

Certains phénomènes ont tendance à rendre mpoins conscients les personnes ou les groupes

Baisse de la conscience individuelle

Par la peur ou la colère (qui font perdre le contrôle de soi)

Dans ce cas, on réagit principalement de façon  inconsciente (en fonction de critère comme « suis-je mis en défaut ? », « est-ce qu’on m’aime ? », « est ce que je suis reconnu ? » et de façon générale « est-ce que j’existe ? ») plutôt qu’avec des arguments rationnels (dans ce cas la recherche d’arguments rationnels sert à justifier le fait que l’on n’a pas tort plutôt qu’à rechercher différentes solutions)

Baisse de la consciente collective

Par le non-dit 

Le non-dit se développe :

  • A partir d’une situation présente : lorsqu’on est en conflit d’intérêt
    • celui qui cache l’information gagne un avantage (cf le prince de Machiavel)
    • celui qui annonce qu’il est en conflit d’intérêt est rejeté par le groupe(qui considère inconsciemment qu’il devrait défendre l’intérêt des autres au détriment du sien)
    • le tiers qui annonce publiquement un conflit est également rejeté (triade sauveur, bourreau, victime) (alors qu’un tiers dans une crise évite qu’il ne devienne conflit, il ne peut pas annoncer un conflit non-dit lorsqu’il s’est installé)
    • Il existe des méthodes de résolution de conflits une fois que ceux-là sont publics (soft system methodology)
  • A partir d’une situation passée : par la culpabilité et la honte
    • Lorsque quelqu’un pense avoir fait une faute et qu’il a peur d’être rejeté par la groupe
    • Dans les mécanismes collectifs de bouc émissaire, le groupe doit « oublier » qu’il a déversé ses tensions sur une personne
      • En la présentant comme impur avant et en la divinisant après l’action du groupe (cf René Girard)
      • En accusant le bouc émissaire de fautes fictives (vu dans une administration : des témoignages convergent pour harcèlement qui se sont révélés faux alors que les personnes avaient fini par y croire elles-mêmes…)
  • A partir d’une situation future : par calcul individuel
    • l’intérêt commun (qu’il soit convergent ou non) n’est pas pris en compte dans le calcul. Par défaut, il vaut mieux dans ce cas ne pas dire ce que l’on va faire (ou dire les choses autrement pour instrumentaliser le groupe)
    • http://ic.fing.org/texts/prise-de-conscience