Tenter de gagner « le cœur et l’esprit » de la cible, voilà ce qui définit la persuasion. Par ailleurs, la persuasion est exigeante, parce qu’elle a besoin d’induire un changement d’attitude, qui entraînera un changement affectif basé sur l’émotion et dont les effets seront plus durables si la cible accepte et intériorise le plaidoyer. Il existe un effet intéressant de stimulation en retour concernant l’intériorisation du plaidoyer, ou une stimulation basse favorise une haute intériorisation et par conséquent un fort potentiel pour un changement adaptatif. Paradoxalement, le changement d’attitude sera plus important lorsque la récompense promise sera moindre.

L’Education et la Propagande propagent des dispositifs de croyances. Les croyances sont les choses connues ou considérées comme vraies, en opposition aux attitudes, qui reflètent les évaluations de ces choses. Les croyances constituent des embrayeurs importants pour ce qui concerne les attitudes et le comportement, mais elles sont souvent utilisées ou créées après un fait, afin de défendre les attitudes et les comportements que nous connaissons déjà. On dit qu’il suffit de diriger les pensées vers des attitudes et croyances selon un enchaînement logique pour les rendre cohérentes. Le terme « propagande », dont l’utilisation date du début du dix-septième siècle et qui servait à définir les efforts fournis par les membres de l’église afin de convertir le maximum de fidèles, ce terme est maintenant de plus en plus utilisé dans le sens des efforts de persuasion de masse mis en place par les entités politiques qui vont au-delà de la manipulation de la croyance. Les méthodes de contrôle de la pensée combinent des tactiques d’observation, de persuasion et de propagande dans une forme puissante de manipulation coercitive. Le contrôle de la pensée, consistant en la substitution d’une identité individuelle par une autre, s’accompagne d’un isolement social : il s’accomplit donc de manière plus efficace au sein de groupes fermés.