De nombreuses recherches effectuées dans ce domaine font clairement la preuve de l’existence de tendances, chez l’humain, à percevoir des données aléatoires de manière erronée, et à voir des modèles là où il n’y en a pas. La mauvaise interprétation de données non représentatives ou incomplètes débouche sur une attention accentuée vers les données de confirmation, ce qui a pour conséquence finale la recherche d’une conclusion effectuée en évacuant les données contradictoires. Les évaluations faussées de données inconsistantes ou ambiguës mènent la psyché à ne pas critiquer les données initiales et à critiquer les critiques des données contradictoires.

Il y a un conflit entre ce qui est vrai et ce qui est valide. Si la base est fausse et que la conclusion est par conséquent fausse, l’argumentaire est toujours valide. Pour valider un argument, la vérité du postulat et de la conclusion n’est pas une nécessité. La validité dépend, en effet, de la possibilité plutôt que de la réalité. Les négations équivoques sont des exemples d’argumentaires valides qui présentent un événement possible, même s’il ne s’agit pas de l’événement réel, et, en ce sens elles appartiennent au domaine de la logique. En conséquence, elles représentent des exemples de communication rationnelle puisqu’elles suivent les contraintes d’argumentaires logiques valides. Une communication illusoire peut être décrite comme rationnelle dans la mesure où une communication trompeuse efficace fonctionne comme un argumentaire logique valide et efficace. Se tromper soi-même peut ne pas être considéré comme une erreur : on peut désirer ce mensonge. Devenir trop brutalement honnête et objectif sur des capacités et des situations de vie en général pourrait mener à la dépression. Un parti pris d’autosatisfaction a été démontré un nombre incalculable de fois : la majorité d’un groupe pense être supérieur à la moyenne ; par exemple, une majorité des conducteurs pensent être plus habiles que le conducteur moyen ; la plupart des étudiants pensent qu’ils vont dépasser leur espérance de vie de dix ans… le reste à l’avenant. Les illusions cognitives ne concernent pas l’ignorance ou la méconnaissance, mais la capacité de jugement. De nombreux types et variations de telles erreurs structurelles de jugement ont été analysés, analyses qui montrent un spectre très riche de tendances en apparence imperméables aux erreurs de raisonnement. Les illusions cognitives se présentent sous différentes formes, et au-delà du parti pris d’autosatisfaction et de complaisance, il apparaît qu’il existe une diversité d’effets comme l’immobilisme, l’aveuglement aux probabilités ou les sophismes conjonctifs ou disjonctifs. D’autres supercheries se structurent, elles, autour de la facilité de représentation, la disponibilité de pensée et la pensée dite « magique », où même si la part rationnelle d’un individu connaît la fausseté d’un jugement, une topique autre de sa psyché continuera d’assurer la véracité de ce jugement reconnu comme faux.