La persuasion coercitive ou « réforme de la pensée » peut être définie comme un système coordonné d’influence coercitive et de contrôle du comportement conçu pour manipuler et tromper les individus dans l’intérêt des concepteurs du programme. On définira la réforme de la pensée comme un changement de croyance dans l’adaptation à la situation ; les programmes de réforme de la pensée se sont distingués d’autres programmes du même type par un continuum de recoupement de l’influence sociale basée sur les descriptions de la structure sociale des environnements de réforme de la pensée eux-mêmes. Les éléments qui permettent la distinction d’autres schémas de socialisation qui promeuvent l’observation sont l’attaque psychologique et interpersonnelle pour troubler la notion d’identité personnelle, l’utilisation d’un groupe de paires organisé et la pression interpersonnelle, laquelle rehausse la valeur de la conformité ; mais nous ne pouvons pas ne pas évoquer, ici, la manipulation de la totalité de l’environnement social du sujet, qui vise à stabiliser les modifications du comportement.
Le contrôle social se caractérise par le contrôle de la communication, la manipulation émotionnelle et comportementale ; la conformité au comportement dérivé de la doctrine ; les sollicitations d’aveux ; l’approbation inconditionnelle de l’idéologie, la manipulation du langage par les clichés ; enfin, la réinterprétation de l’émotion et de l’expérience humaine selon la doctrine et le sentiment d’infériorité qu’éprouvent ceux qui ne partagent pas l’idéologie.

La stratégie essentielle utilisée par de tels programmes est de sélectionner systématiquement une séquence et de coordonner en continu les nombreuses tactiques de persuasion coercitive sur des périodes étendues dans le temps. Les programmes de réforme de la pensée sont sophistiqués et subtils, créant un attachement psychologique qui est bien plus puissant que les méthodes d’influence n’utilisant que la menace. La déstabilisation psychologique réussie produit un déplacement négatif dans les évaluations globales de soi et augmente l’incertitude sur les valeurs et positions individuelles. Elle réduit de cette façon la résistance aux demandes d’objectivité tout en accroissant la suggestibilité. La persuasion coercitive est appliquée en phases séquentielles de Solve et Coagula. Dans un modèle en trois phases, cette période de déstabilisation sera suivie d’une phase de « changement » menant à une étape de consolidation de la « réforme » et du renforcement de la pensée.

Les procédures d’influence utilisées habituellement durant les interrogatoires de police modernes peuvent manipuler par inadvertance les croyances de personnes innocentes sur leur propre innocence et, de cette façon, les amener à avouer un crime qu’elles n’ont pas commis. Les aveux résultant de l’application réussie de phases et modèles séquentiels de réforme de la pensée sont classés comme faux aveux contraints et intériorisés. L’utilisation de certaines procédures d’interrogatoires courantes crée une vulnérabilité psychologique minimum chez le « suspect », ce qui suffit à en obtenir une confession de ce « suspect », confession à laquelle ce « suspect » croit lui-même.