Le concept de la mémoire, aussi bien en tant qu’instrument qu’en tant qu’ensemble de techniques qui peuvent êtres apprises et habilement appliquées pour former des espaces idéologiques et mentaux dépend d’une longue tradition. Son utilisation comme arme pour établir des Ordres Symboliques remonte aux premières démonstrations de domination. Les sociétés d’avant la modernité basaient leur mémoire sociale sur l’interaction de la transmission orale et de l’information dans le code pictural. La mémoire artificielle est établie à travers les lieux et les images, c’est-à-dire par une psycho-géographie des systèmes, elle-même renforcée et confirmée par l’expérience.
Régulée par l’état à travers un système éducatif contrôlé par des castes sacerdotales, la perception sensorielle peut être circonscrite en utilisant les représentations visuelles des extrêmes ou les analogies, qui seront, ensuite, méthodiquement appliquées dans la création de scénarios mentaux et rythmeront le développement de l’individu à travers des cérémonies rituelles. Les monuments, ces objets tyranniques, sont là pour intimider le public par leur aura de mystère tenant de l’Ordre Symbolique.

La reconstitution rituelle collective, qui renforce les hyperliens des associations cognitives dans le bunker idéationnel, dépend d’une structure psychique propre à une civilisation dans laquelle s’est établie une logique politique narrative et une temporalité particulière.