Les outils linguistiques permettent d’amener progressivement le sujet vers un état altéré de conscience, en articulant le champ du langage propre au sujet avec celui du manipulateur. Pour ce faire, des mots comme « et », « comme », « parce que », « pendant » ou « quand » peuvent être considérés comme des ponts linguistiques dont l’utilisation n’a d’autre but que la création d’un état de transe. Quand le rapport de connexion logique n’existe pas, il suffit de l’emploi de la conjonction « et » pour lui donner un semblant d’existence.
Les truismes liés à une suggestion indirecte induisant un état altéré de conscience font que la réponse hypnotique semble impersonnelle et par conséquent automatique. Ce détournement sémantique et linguistique s’accompagne de processus dissociatifs et dépersonnalisants comme la saturation de la strate consciente de la psyché en un mouvement autoréférentiel, phénomène qui bloque sa capacité d’agir. De la même manière qu’une carte diffère du territoire qu’elle représente, les représentations internes diffèrent de la réalité factuelle. On peut exprimer cela sous la forme d’une image où les représentations internes et la physiologie seraient liées en ne « boucle cybernétique » : la pensée du sujet, définie au préalable, détermine son comportement, lui-même défini par cette pensée étrangère.