Le cadrage est un dispositif psychologique qui consiste à fabriquer le point de vue de l’observateur ; celui-ci est invité à percevoir un objet d’après une perspective déterminée, ce qui conditionne le rapport qu’il entretiendra avec cet objet. Dans un champ visuel, on perçoit plus facilement certains objets que d’autres. On manipulera la perception de l’observateur selon cette règle, qui s’appliquera aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du cadre. Le sens informationnel d’une image ainsi réorganisée variera alors selon la volonté du manipulateur. Influencer la manière dont un problème est perçu peut mener à des solutions radicalement différentes. Selon la « Théorie de la Prospection » (« Prospect Theory »), la priorité humaine numéro un est d’éviter l’échec. Les gains sont secondaires en comparaison de l’objectif « zéro perte ». Ainsi, il est plus judicieux de poser une problématique en termes de pertes plutôt qu’en termes de gains possibles. Une personne choisira une stratégie conservatrice quand le problème à résoudre sera présenté de manière positive, et choisira une stratégie plus risquée lorsque ce même problème sera posé en termes négatifs.

Ces variantes du « Problème de Cadre » relèvent d’une thématique plus générale, celle de la description totale dans la perspective d’une théorie de l’esprit. Cela n’apparaît pas seulement, en effet, dans le calcul de la situation pour représenter de manière adéquate un monde qui change constamment, selon les « lois du mouvement » mais également dans la prévision, l’induction, le raisonnement, la compréhension du langage naturel, l’apprentissage etc. Au fond, obtenir la description complète d’un objet s’avère être un but impossible à atteindre. L’effet dominant du cadrage est intégré au média lui-même ; ainsi, même s’il existait des programmes à prétention d’objectivité, celle-ci ne pourrait être véritablement obtenue.