L’émergence

Les systèmes humains et sociaux avec l’apparition de l’intelligence collective ont cette capacité à traiter des informations symboliques permettant une auto-organisation par des mécanismes abstraits d’apprentissage et d’invention dans une finalité intentionnelle commune.

La globalité exprime à la fois l’interdépendance des éléments du système et la cohérence de l’ensemble.  Cette « attitude holistique » est la voie d’entrée dans la démarche systémique, selon laquelle tous les aspects d’un problème sont abordés « à la fois » d’un point de vue général (« global ») et « local »(d’approfondissement des détails), avec de nombreux retours en arrière et itérations pour compléter ou corriger le modèle de transformation, de conscience évolutive ou d’ intelligence collective qui émerge progressivement.

L’émergence adopte un comportement caractérisable sur lequel la connaissance détaillée de ses parties ne renseigne pas complètement, l’ensemble fait plus que ses parties. Ce qui signifie qu’on ne peut pas forcément prédire le comportement de l’ensemble par la seule analyse de ses parties.

A partir d’un certain seuil critique de complexité, de nouvelles propriétés peuvent apparaitre dans ces systèmes, elles sont dites propriétés émergentes. Ces dernières deviennent observables lorsqu’elles vont dans le sens d’une organisation nouvelle.

Lorsque l’on sait que certaine caractéristiques conduisent à l’apparition de propriétés émergentes, cette considération permet parfois de ne pas avoir à se préoccuper des détails de causalité sous-jacents.

L’émergence concerne des propriétés indépendantes de toute observation, intrinsèques au système, de sorte qu’elles vont interagir avec les autres constituants du système de manière originale. Il n’existe alors plus de lien causal entre les constituants de la structure émergente et ses propres propriétés. L’impossibilité de voir le lien entre le niveau micro et le niveau macro pourrait résulter des limites de l’être humain, comme pour tout système complexe. Albert Einstein avait vu juste lorsqu’il dit : « Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau conscience. »

Il en résulte une auto-organisation qui se caractérise par des processus au cours desquels des structures émergent au niveau collectif, à partir d’une multitude d’interactions simples sans être codées explicitement au niveau individuel. Connaître la nature et la forme d’une interaction est plus importante que connaitre la nature de chaque composant du système. L’intentionnalité des comportements humains ayant pris conscience du phénomène d’émergence peuvent en influencer le cours.