(Ce document demande qq explications pratiques et prépare aux exercices techniques)

L’intellect est très utile dans notre monde, mais aujourd’hui le mental ne devrait-il pas être mis au service de l’intelligence et de la conscience qui est avant l’intellect (étape finale du processus de conscientisation)? Nous avons besoin de rééquilibrer l’ordre des choses en mettant l’être au service de sa propre conscience et réduire la toute puissance du mental pour entrer dans le monde de l’hyperconscience et du ressenti (état de zone).

Qu’est ce que l’hyperconscience (état d’être dans la zone)?

Derrière l’écran épais de notre éducation, derrière ma personnalité, il existe en l’être humain un autre univers d’une extrême finesse et d’une extrême transparence : la présence.

L’émerveillement est dans ce présent où émerge la source inconnue de l’hyperconscience. L’hyperconscience inclut l’objet et le sujet en même temps, ce qui veut dire qu’il n’y a plus d’extérieur à la conscience (le mental s’évanouit dans le présent). Au cœur de l’hyperconscience, la différence entre mon monde intérieur et le monde extérieur se fusionne en un état très particulier. Un état d’éveil fragile, vulnérable, précaire et en même temps aucun doute se manifeste dans l’acte. Votre action semble juste et parfaite, rien n’enfreint votre fluidité, tout semble cohérent et facile. Comme si vous aviez cette impression d’entrer dans un espace vide rempli de tous les potentiels.

En créant un certain degré de vide en son être, vous vous emplissez d’un étrange et profond silence intérieur. En créant ce vide et ce silence, la conscience émerge pleine et entière et vous êtes en contact direct avec le monde. Un silence qui semble inconnu et dans lequel l’être va commencer à sentir s’éveiller en lui, sous la forme de très subtils frémissements de certitude absolue.

Lorsque cette subtile modification de la conscience et de son être s’approfondit, elle peut amener l’être à éprouver le sentiment troublant d’un grand vide dans lequel il lui faut plonger. Cette étrange absence à soi mène au lâcher prise en laissant venir et laissant aller. Aucun contrainte n’intervient, tout semble parfait et juste.

Dans ce lâcher prise, je ne suis plus emporté par une pensée, une image, un souvenir qui traverse l’esprit. Ce n’est lorsqu’une soudaine reprise de pensée me saisit, pour me rappeler à moi-même mon existence, que je peux me rendre compte de ce qui m’arrive. Vous remarquerez qu’il existe un espace entre une pensée ou une image et la suivante si elle surgit, une sorte de vide qui n’est en fait, qu’une conscience d’une extrême finesse et de la plus grande subtilité. Ce vide amène à une grande assurance de soi dans un flot d’énergie qui semble naturel.

Si vous réussissez à reconnaitre cet instant de vide entre deux pensées ou sentir cet espace de félicité et de sérénité, votre tâche consistera à prolonger de plus en plus la durée de celui-ci et rester avec jusqu’à sentir en vous une immense transparence vous envahir et prendre possession de la totalité de votre être physique. (Ceci en s’abandonnant continuellement et en demeurant silencieux intérieurement, afin de ne pas interférer avec ce qui se passe en vous par des commentaires intérieurs).

L’être humain ne cesse de vagabonder dans le passé et d’être occupé par l’appréhension du futur avec tout ce que cela peut lui apporter comme problème imaginaire. Il faut vraiment des conditions particulières  (exemple un danger) pour s’ouvrir à un état d’hyperconscience. Un état d’hyperconscience d’où vous avez originellement surgit à la naissance et en laquelle vous serez ré-immergé au terme de votre existence. Devenir éveillé intérieurement et conscient de soi-même est par essence le chemin de l’hyperconscience dans l’acte du sport. Vous devenez un artiste de votre propre art ! Et plus un expert ou un virtuose intellectuel du sport !  Vous prenez conscience de l’intégration de la totalité de votre art en vous.

En effet le mental s’appuie sur la conscience pour exister dans le monde extérieur à soi. C’est en s’ouvrant à la conscience que l’on se connecte à la source de l’hyperconscience. Le vrai chemin consiste donc à rejoindre en soi-même quelque chose qui transcende les impulsions des instincts primaires. Dès que le mental agit, il influence les réflexes, il entrave les programmations neuronales et les automatismes, il dérègle l’intention initiale et originale. Lorsque le mental initie le doute, il inculque une perception modifiée des sens et influence la motricité du corps.

Pour agir sur la réalité, je m’appuie sur le mental, or le mental est comme un océan démonté, en frappant sur les vagues avec vos rames vous ne pouvez rien apaiser. Il suffit de plonger sous le niveau des vagues pour faire l’expérience d’un grand silence et d’un grand calme.

Apprentissage simple en préparation:

Consacrez un moment de votre journée à un exercice qui permet  le passage du « penser » au « sentir ». Faire l’expérience  de la pleine conscience pendant votre activité en laissant venir et laissant agir :

«  Si tu penses, tu ne perçois pas, si tu perçois, tu ne penses pas »

«  Si tu penses, tu ne sens pas, si tu sens, tu ne penses pas »

Préparation aux exercices de l’intention :

Votre intention doit être vaste, originelle, positive, concrète, mesurable et doit inclure l’ensemble de votre état d’être dans le moment présent. Vous ne cherchez pas un but, le but est dans le moment présent. Le but c’est le chemin ! Le but est de sentir le moment présent en englobant tout l’espace et le temps en vous. Soyez impersonnel, voyez grand, intégrer votre avenir et votre passé dans le moment présent.

Partez de l’intention de se connecter à l’essentiel en vous-même. Il n’y a pas d’autres raisons, pas d’autres justifications manifestent que d’incarner cette intention initiale profonde. C’est le retour vers vous-mêmes, dans votre être, à l’écoute de cet être profond qui est en soi.

Vous sentez que cela n’a rien à voir avec l’extérieur. C’est avec cette intention de bonté, de clarté originelle, que vous prenez ainsi le contre-pied des millénaires de conditionnement arrivés jusqu’à nous. Entrez en vous au-delà de votre propre zone inconditionnelle. Observer du pied de votre édifice cognitif, l’émanation de votre intention originelle.

Se rappeler à soi-même, se rappeler à votre propre essence, c’est surtout oublier ses limitations artificielles, se désengager, se désidentifiés. Allez au-delà de votre prénom, au lieu de votre propre source où tout émerge. Je me place dans cet oubli des limitations, je ne me laisse pas circonscrire par une forme de conscience particulière. Je m’installe dans la nouveauté pure, un instant complètement original et je respire au cœur de cette originalité.

On peut donner des indications, on peut m’inviter, mais c’est ma propre liberté. J’ai le choix de m’ouvrir  et d’écouter. Je m’autorise à ressentir les choses éprouvées. Je me laisse imprégner, imbiber comme si j’étais transparent.

La nature et vous, vous et les autres, vous vous aidez mutuellement dans cet effort particulier de descente en soi-même. La vigilance renforce celle des autres comme si nous étions des bûches dans un même foyer. J’influence mon équipe et mon équipe m’influence. Autant rester soi-même dans le lit de l’hyperconscience pour émettre et rayonner sur mon environnement.

Laisser le contour du moi habituel s’effacer, se diluer. Débrancher l’attention au mental, sortez du passé et du futur, c’est-à-dire du mouvement du mental. Ce n’est pas seulement le temps qui change, c’est aussi sa qualité. Le temps devient espace, c’est un grand changement. Soudain, vous avez la sensation du temps qui s’élargit. Et l’espace intérieur se dilate en même temps que le temps s’arrête. Vous pouvez être si présent que le sens même du temps disparaît. La présence absorbe le temps.

Nous avons chacun notre itinéraire, nous creusons chacun un endroit qui nous est propre, spécifique, et en même temps nous nous rapprochons tous ensemble d’un même état de conscience. Cette pratique commune renforce une solidarité très subtile qui peut nous mener jusqu’à la communion des cœurs. Et nous nous laissons imprégner, nous nous laissons imbiber au cours de cette descente aux nous-mêmes.

Et vous restez en contact, au fond de vous-même, avec cette authenticité première, celle qui nous a motivés dès le tout début et qui est toujours là, intacte au cœur de votre intention. Osez-vous ouvrir, osez ressentir, osé accueillir ce qui se présentent.

Osez, vous laisser pénétrer par un silence très particulier qui ne s’oppose pas au son. Et vous entrez en amitié avec vous-même, vous entrez en intimité avec vous-même dans le plein accueil. Le regard du sage sur vous-mêmes, le regard inconditionnel des autres dans leur sentiment à votre égard, peu à peu vous l’incorporez et vous l’appliquez jusqu’à commencé à éprouver le fait que vous êtes aimables. Cela veut dire en état de sérénité, une sérénité qui vous incluent vous-même et qui curieusement émane en même temps du fond de vous-mêmes. L’art de l’hyperconscience est de ressentir cette sérénité en vous sans aucune résistance.

Vous sentez en vous que cette vie vous a élu. Cette vie vous a choisi, m’a donné le potentiel, une potentialité. Vous respectez cette graine, cet embryon en vous où tout émane. Et vous  l’honorez et laissez croître. Cette pratique de l’instant est une matrice qui permet de faire grandir cet embryon. Dans cet instant le passé, mon passé, ne pèse plus qu’une plume.

Soyez plus habile, plus vaste. Sentez-vous établi dans votre base.

La paix et la sérénité est à quelques secondes juste le temps d’opérer un branchement et de maintenir.

(Voir Exercices pratiques sur l’intention)

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