Variations des onze paramètres structuraux de la conscience lors d’un état modifié de conscience expansé et l’hyperconscience.

Coaching transpersonnel

Propriété mentale

Normalement tout le matériel mental vécu et généré par une personne est ressenti par elle comme lui appartenant en propre. Avec l’expansion de la conscience, les gens ressentent parfois leurs pensées comme n’étant pas les leurs. Souvent cela s’accompagne d’une forte impression de télépathie.

Identité personnelle

Un aspect élémentaire de la conscience est de posséder une identité personnelle bien définie : «Je suis moi » est axiomatique ; avec l’expansion de la conscience  cela peut ne plus être le cas ; on peut avoir l’impression de prendre l’identité des personnes que l’on regarde, ou vivre soi-même une métamorphose, comme par exemple la transformation en un animal, une sainte, etc…

Unité

Normalement les gens ressentent qu’ils ont une identité cohérente et leur vie mentale s’assemble en un tout unifié ; mais la conscience peut être divisée et on peut tout à la fois avoir son identité habituelle en même temps qu’une autre identité. Dans notre culture cela s’appelle « trouble de personnalité multiple ». Mais dans le contexte de l’expansion de la conscience, la capacité de maintenir une double identité est considérée comme une caractéristique essentielle chez un guide compétent. L’expérience consiste alors à être dans deux mondes à la fois en étant à la fois soi-même et, en même temps quelqu’un ou quelque chose d’autre ; la division interne peut aussi être d’ordre perceptif: on peut constater une division de son champ visuel, et d’un côté du champ, avoir des visions intenses, alors que de l’autre côté on continue à percevoir le monde de la réalité ordinaire.

Limites internes et différentiation des états de conscience

Avec l’expansion de la conscience, les frontières entre la réalité interne et externe peuvent se dissoudre. Le sujet peut ressentir que son «je » se mélange avec celui des autres, qu’il s’immerge lui-même dans le monde et qu’il s’unifie avec lui, qu’il n’y a plus de distinctions nettes entre son monde mental interne et ses perceptions du monde extérieur. De même, le contraste ou la différentiation entre les différents états mentaux peut disparaître momentanément. Il peut s’avérer très difficile de savoir si l’on est en train de percevoir ou de se souvenir, si l’on est en train de percevoir ou d’imaginer, si l’on est en train de penser ou de percevoir les pensées des autres.

Individuation

Mis ensemble, l’unité du soi et ses frontières définissent l’individuation d’une personne ; parfois, avec l’expansion de la conscience, la notion de soi individuel se dissipe, et pourtant la conscience est maintenue. Le sujet sent qu’il est connecté à, ou intégré dans, une sorte de « super-conscience ». La non-individuation de la conscience peut aussi se manifester dans l’effacement de la distinction entre l’individu et les autres êtres humains ; en conséquence, l’individu peut sentir que son identité n’est pas définie individuellement mais plutôt en terme groupe ; ainsi l’identification profonde avec les autres participants d’une séance d’expansion de sa conscience est un phénomène commun.

La calibration

Habituellement, nous vivons comme une évidence que notre corps possède un certain poids, une certaine taille, un positionnement particulier dans l’espace, etc. Sous les effets de l’expansion de la conscience, tout cela peut changer ; par exemple, nous pouvons sentir notre corps plus grand, plus léger, ou plus lourd, et ainsi de suite ; cela peut rappeler les expériences d’Alice au pays des merveilles ! Même le champ intérieur de vision (l’espace interne vécu les yeux fermés) peut être significativement agrandi.

La localisation de la conscience

Où la conscience est-elle située ? Habituellement, les gens la localisent dans leur tête ; certaines personnes, dans d’autres cultures, la situent dans leur cœur ou dans leur ventre ; en tout cas, dans leur corps physique. Avec l’expansion de la conscience, les perceptions changent ; par exemple sous forme de sortie hors du corps, ou le soi se dissocie du corps et peut même percevoir le corps depuis l’extérieur.

La perception du temps

Le temps, tel que nous le vivons subjectivement d’ordinaire, possède une certaine vitesse d’écoulement. L’expansion de la conscience  peut l’accélérer ou le ralentir. Elle peut aussi en rompre la linéarité ; elle agit alors comme une sorte de « machine à voyager dans le temps » par laquelle on peut observer le passé et les événements futurs, comme s’ils prenaient place dans le présent.

La conscience de soi

Un reste de conscience de soi peut toujours être préservé, même lorsque toutes les autres facettes de la conscience sont altérées ; aussi haut que l’esprit puisse s’envoler, le soi reste capable de maintenir une distance et de prendre conscience de l’état particulier dans lequel on est, et de ce qui y surgit.

L’intentionnalité

Habituellement, celle-ci est considérée comme la caractéristique essentielle de la conscience ; et pourtant il existe des états de conscience où cette caractéristique peut manquer ; dans de tels états, la pensée ne se dirige vers aucun objet, et aucun contenu n’occupe l’esprit. Les mystiques traditionnels ont parlé de cet état comme « le Vide », « l’Un », «]’Infini ». Les modernes parlent de « conscience cosmique » (Bucke, 1901-1991), de « conscience océanique » (Parsons, 1999), et la pure conscience (Stace, 1961)

La connexion, la connaissance, et l’attribution du statut de réalité

La frontière et la séparation entre soi et le monde se dissolvent, conduisant à des sentiments de très profonde empathie envers les autres êtres ; après une hyperconscience beaucoup de personnes ont un sentiment accru de réalité et attestent que ce qu’ils voient grâce à la séance semble « plus réel que la réalité ordinaire » ; phénoménologiquement, cela provient de l’intensification des qualités sensorielles des perceptions et des visions, ainsi que des pensées qui les accompagnent ; ce sentiment est si fort et évident qu’il peut amener à l’évaluation, très commune avec l’expansion de la conscience , que ce que l’on voit et pense pendant la séance définit le réel, alors que le monde habituellement perçu est en réalité une illusion. L’expérience de connexion est souvent associée à une sensation « noétique », de connaissance profonde, ce qui veut dire que l’on se sent initié au vrai savoir, c’est-à-dire que la connaissance acquise est vécue comme ultime et vraie ; et ceci non pas par les voies de l’analyse et de la réflexion, mais plutôt par un contact direct, voire une identification, avec les objets à connaître. Ce mode de connaissance correspond très exactement avec le mode intuitif de connaissance décrit par le philosophe Spinoza, que ce dernier caractérise comme la forme la plus haute de connaissance qui puise être atteinte (Spinoza, 1670-1989) ; quand on demande aux sujets « Comment savez-vous que ce que vous a fait voir l’expansion de la conscience  est réellement vrai », la réponse habituelle est : «Je l’ai juste ressenti», «Je vis cela comme une évidence, c’est tout .

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