L’attention, considérée ainsi qu’un processus mental, consiste en la concentration et la focalisation sur un stimulus, un événement mental ou une tâche. Vue comme le processus de sélection des multiples informations entrantes, l’attention apparaît comme un processus de décision de la conscience qui opère des choix informationnels. La capacité de préparer sélectivement notre système nerveux pour traiter un ensemble de stimuli, ou encore la capacité de réflexion – comme celle, tout simplement, qui consiste en l’évaluation des possibilités de réponses à une question – , ces capacités forment toutes des dispositifs d’attention. L’attention est une ressource mentale limitée. Les procédés automatiques qui opèrent de manière parallèle, où les capacités ne sont pas intentionnelles et restent inconscientes, n’exigent pas que l’on puise aux ressources de l’attention. (Le simple fait de penser à la tâche qu’on accomplit pourrait effectivement conduire à effectuer cette tâche de manière erronée). Le traitement contrôlé, comme celui qui régit les tâches inhabituelles, opère par série, capte l’attention et limite par conséquent les ressources. La mémoire humaine à court terme (la Mémoire de Travail) est limitée à environ trente secondes pour ce qui concerne ses capacités temporelles ; celle-ci, d’un point de vue quantitatif, ne peut prendre en compte que sept bribes d’information au maximum, quantité certes minime, mais qui peut aussi bien déboucher sur un mauvais traitement de l’information. À n’importe quel moment, plusieurs traitements conceptuels actifs ou quasi actifs rivalisent pour accaparer les ressources cognitives et l’attention. Un large éventail d’informations est examiné à chaque instant et l’on trouve dans la mémoire un choix encore plus important d’informations activables susceptibles de fournir un contexte pertinent dans lequel on puisse traiter la nouvelle information. La « Pertinence » est un terme théorique qui se réfère à l’utilité cognitive d’un élément d’information dans un contexte, ou pour un individu dans un temps donné. Le but intrinsèque de la cognition humaine est la maximalisation de la pertinence et la réalisation d’un maximum d’effets contextuels avec le minimum d’effort de traitement.
La communication crée des espérances de pertinence chez les autres, suscite et exploite des espérances spécifiques de pertinence. La poursuite humaine de la pertinence comme un facteur constant permet à la communication de valider à un certain degré de succès ce sur quoi les autres portent l’attention ou ce qu’ils pensent. Ils portent de l’attention à l’information qui leur semble la plus pertinente, en combinant cette information avec l’information contextuelle disponible la plus pertinente. Parce que les humains suivent ce système prévisible, ils peuvent agir sur les esprits les uns des autres en manipulant les attentes de pertinence et le degré d’importance devient un état d’esprit négocié.

About these ads