Une tendance psychologique propre à l’humain est que celui-ci, dans un environnement donné, portera son attention sur les phénomènes inhabituels qui s’y manifestent plutôt que sur ce qui lui paraît familier. La théorie de la Détection de Signal confirme qu’il y a deux niveaux d’information en cours dans l’opération de détection : le premier niveau consiste en la connaissance de « la preuve sensorielle » (présence /absence de signal ou de bruit) ; le second niveau débouche sur une prise de décision motivée par cette preuve initiale, décision qui dépend également des calculs de probabilité et des résultats positifs qui s’y attachent. La psychophysique tente de mesurer la relation entre la stimulation physique et les sensations psychologiques qu’elle produit ; ainsi de la limite absolue de la perception visuelle humaine, que les scientifiques soumettent à l’expérience consistant à placer une bougie dans une nuit noire claire à une distance de 45 kilomètres ; concernant le toucher, cette limite prend la forme étonnante de l’aile d’une mouche tombée d’une hauteur de 1 cm pour effleurer la joue du sujet. Les « seuils de différence » sont définis par certaines différences « à peine remarquables » ou par de légers changements qui peuvent être détectés d’un essai l’autre. Le seuil de différence « à peine remarquable » est de 2 % pour le poids, de 2 % pour la lumière, et de 10 % pour le niveau sonore. Les Manuels de Contre-Intelligence sur les techniques d’observation qui se réfèrent à la recherche psychologique stipulent que 85 % de ce que l’on retient d’une situation réelle de vie l’est par la vision. Le sens auditif remporte la palme des 13 % ; reste enfin 2 % pour les sens du toucher, de l’odorat et du goût. Le système visuel humain n’est pas capable de détecter un mouvement effectué en moins d’un dixième de seconde, phénomène à la base d’une variété d’illusions ou de « trucs » impliquant une main rapide, comme les tours de passe-passe. Dans le domaine spatial, la vision, qui est plus performante que l’audition, fait que celle-ci prend le pas sur celle-là, contrairement au domaine temporel où la résolution de l’audition est meilleure que la vision, ce qu’illustre la perception du discours. L’audition est peut-être dix fois meilleure que la vision dans la résolution d’événements rapides et successifs.
Les scientifiques étudient la manière par laquelle les sens aident le cerveau à combler les fossés de la perception pour donner sens aux événements. Des expériences suggèrent que le moment de la perception – ce que le cerveau pense être « maintenant » – pourrait avoir eu lieu une demi-seconde plus tôt. La lumière doit atteindre les yeux, le son les oreilles ; ensuite les deux signaux doivent être traités par le cerveau pour qu’ils aient l’air simultanés. « Mais il ne s’agit rien d’autre que d’une supercherie du cerveau, qui crée de la vérité à partir d’illusions, phénomène qui demande beaucoup d’effort pour que cela semble cohérent ».

Au fond, le phénomène repose sur l’illusion sans être véritablement cohérent.

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